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Pour tout savoir sur le casque intégral moto

Le casque intégral, est un sujet technique, pleins de petits détails, donc je vais me forcer à faire moins de blagues potaches et un peu plus de contenu. Pour ça (et pour être sûr de ne rien oublier), je te propose que l’on fasse ensemble le tour d’un casque intégral.

La calotte

Commençons par le commencement : l’extérieur du casque, la calotte. Sa mission est d’encaisser les chocs d’une gamelle sans se fendre en deux. Il y a le choix dans les matières utilisées mais cela relève en général tout simplement du nombre de pesos que tu es prêt à y mettre.

Pour faire simple, disons que le premier stade, c’est le plastoc, de plus ou moins bonne qualité. Attention, il peut y avoir du plastique haut de gamme (polycarbonate) qui fait du très bon taf. Mais souvent c’est en thermoplastique que tu vas retrouver les casques « premiers prix ». Ils font leur travail (norme oblige) mais c’est plus lourd, moins durable.

Ensuite vient ce qui équipe les modèles milieu et haut de gamme : les calottes en fibre. Alors là bien sûr, chaque marque à sa recette, chaque marque te dit que c’est la meilleure (forcément). Quand tu commences à taper dans cette gamme, tu vas voir les « tailles de calottes » se multiplier. WTF ? En gros, un casque low cost à une unique calotte XL et ensuite le constructeur module avec les épaisseurs de mousse pour sortir les tailles XS,S,M,L. Au début, on s’étonnait avec ma copine que son casque soit aussi gros que le mien. Maintenant on sait pourquoi elle avait une tête d’alien avec… Donc forcément, plus tu montes en gamme, plus la calotte viendra correspondre à ton visage. C’est pas tant une question de sécurité que de frais : chaque taille de calotte devant passer les tests d’homologation, les constructeurs ne se cassent pas trop la nénette pour du pô cher.

Enfin, il y a les casques en carbone. Plus légers, tu meurs. Par contre, c’est à réserver pour les jours de beau temps : sous la pluie, tu à l’impression qu’un AK-47 est en train de t’être déchargé dans la tronche. Le carbone, c’est rigide comme tout, donc ça renvoie grave les vibrations.

Aérations (ou pas)

Sur la coque du casque, toujours à l’extérieur, tu peux aussi voir les bouches d’aérations et les extracteurs d’air (à l’arrière). Le concept est simple comme bonjour : des petits trous dans ta calotte, qui se poursuivent ensuite dans des canaux creusés dans le polystyrène pour qu’un petit courant d’air viennent te rafraîchir la tignasse et le menton avant de ressortir par derrière. Une vraie clim quoi. Certains casques « d’été » tendent à se spécialiser dans ces ouvertures. Perso, pour moi, tout ce qui compte, c’est qu’elles puissent être hermétiquement fermées quand il se met à dracher.

aeration casque

Dans le même esprit, tu vas avoir les caches-nez et les bavettes de cou. Fixés au-dessus et au-dessous de ta mentonnière, ils t’évitent l’hiver des remontée d’air glacé jusqu’à pif rougi par le froid. Pour les « roule toujours » dont j’ai l’honneur de faire partie (faute d’avoir une caisse), ce sont des outils forts appréciables. En plus, ils sont souvent amovibles une fois venu le temps des fleurs, des rires et des chants, bref, le printemps. Donc, à choisir, préfère un casque doté de ces petits détails pas si anodins.

Fermetures

Allez hop, on enfile le casque en écartant bien les sangles. Ça se met un peu comme si tu foutais un coup de boule. Comment ça tu sais pas comment on met un coup de boule ? T’envoie le front d’abord, puis le reste suit et tes oreilles n’ont pas à jouer au cocker. Un casque bien à ta taille va te serrer à donf aux joues mais pas trop au front. Tu secoues la tête. Ça bouge pas ? C’est bon, c’est ta taille !

Bon, on va quand même l’attacher hein ? Là tu vas avoir sur presque tous les casques des boucles « micrométriques » (en plastique ou en alliage selon le prix). C’est un petit mécanisme cranté, c’est intuitif et fastoche à clipser avec les gants.

Boucle micrométrique

Mais ce qui est rigolo, c’est que sur les très-hauts de gamme (ou les racing) tu auras par contre une boucle « double-D » toute bête, digne d’une sangle de vieux sac militaire vintage. C’est quoi cette arnaque ? C’est impossible à mettre avec les gants, c’est pas intuitif du tout et tu galères comme un débile dans ton rétro au début.

Ouais, sauf qu’en fait on a pas encore trouvé mieux. C’est ce qu’ont les pilotes en moto GP. Avec un peu d’expérience tu peux régler ton serrage au millimètre près et tu as une résistance à l’arrachement complètement dingue. Perso, j’adore le double-D , et pourtant je ne fais pas de la piste. Mais j’ai la sensation d’être vraiment « attaché » à mon casque, et c’est vachement sécurisant.

Boucle double D

Le maillon faible : la visière

Ton casque intégral, c’est un château-fort. La visière, c’est le pont-levis. C’est donc à la fois le point stratégique et le point faible de ta carapace. Il faut être intransigeant avec sa visière, sans elle, tu es aveugle. Et sur une moto, la canne et le chien, c’est compliqué.

Les débutants se posent souvent la question de l’intérêt de ce « Pinlock » qui équipe presque tous les casques milieu et haut de gamme. Donc je vous le dis une bonne fois pour toute : le Pinlock c’est l’arme la plus puissante à ce jour contre la buée. Les visières « traitées buée », « spéciales buées », etc. j’ai testé, c’est du vent. Y a pas à tortiller, le seul outil qui retarde vraiment l’apparition de cette garce, c’est cet espèce de double écran souple que tu viens plaquer contre ta visière. Donc à prix égal, choisi toujours le casque avec Pinlock, tu ne le regretteras pas.

pinlock

Soit-disant sa déforme un peu ta perception visuelle de la route. C’est pour ça qu’ils ne sont jamais livrés montés sur la visière : les casques passent les tests de normes sans Pinlock. Je ne vois pas une grande différence en terme de visibilité, pas aux vitesses auxquelles je roule en tout cas. Mais il paraît que ça embête les types en GP. Mais après faut pas qu’ils râlent s’ils ont de la buée à la place…

Si comme moi, tu as de sublimes yeux bleus craignant le soleil à peu près autant qu’un touriste allemand à la Grande-Motte, tu peux investir dans une visière fumée (voir topo sur la législation). Mais entre nous, opte plutôt pour le double écran solaire que tu montes et descends à la demande à l’aide d’une petite commande sur le bord du casque. C’est tout simple mais redoutablement efficace. Alors oui, ça alourdit le tout. Mais franchement, qu’est-ce que ça dépanne les jours de météo entre chien et chat !

ecran solaire interne

Le bruit, vaste sujet…

Dans tous les essais de casques, les magasines glosent sur le niveau d’atténuation sonore suffisant ou pas du matos testé. Franchement, j’ai dû mal à adhérer au délire. Ça dépends de beaucoup trop de facteurs pour être vraiment jaugé : ta taille, ta position sur ta moto, ta vitesse, si tu as une bulle ou pas, s’il y a du vent latéral, la forme de ta tête… C’est vrai que plus un casque est hermétique (visière qui se clipse sur la mentonnière par exemple), plus il a de chances de ne pas être hyper bruyant. Puis au moins sa protège bien de la flotte.

Mais malgré cela, ce n’est pas une science exacte : certains vont trouver tel casque silencieux, d’autres ne vont pas tenir une heure avec. L’idéal, ce serait de pouvoir tester. Mais un casque, c’est comme un slip, ça se prête pas…

Tu le répètes à personne, mais j’ai une solution low cost : il vaut mieux choisir un casque avec un large espace « oreillette » (pour l’intercom) et mettre une paire de bouchons réducteurs de bruit (ceux exprès pour la moto, histoire d’entendre quand même les voitures klaxonner). Hop, plus de problèmes de son, que tu es un casque à 100 ou à 1000 euros. Malin le gonze hein ?  

Le discret calotin

Le calotin, c’est tout ce que tu vois à l’intérieur du casque. La mousse et la partie en polystyrène qui va absorber le choc en cas de chute. Les mousses internes sont plus ou moins sophistiquée, plus ou moins hygiéniques en fonction des sous-sous que tu y mets. Logique. Par contre, il y a une chose qu’elle font toutes et où tu n’as donc aucune d’excuse, c’est qu’elles sont démontables et… lavables ! Oui, le calotin, c’est comme les orteils, ça se lave de temps en temps. Parce que parfois, il y a des casques , j’te jure que ça sent le fennec après quelques sorties sportives !

La calotin en polystyrène

Calotte AraiSource : Arai

Et un fois que les mousses finissent par être vraiment trop usées, si tu es toujours amoureux de ton heaume, hop, tu peux les changer. Là c’est une question de sécurité en plus, mais j’en ai déjà parlé.

Et pour finir, il y a deux petits « gadgets » bien pratiques que tu peux trouver dans un calotin : des mousses de joues gonflables et des espaces pour passer les branches des lunettes. La première option est top pour ceux qui sont entre deux tailles : un p’tit coup de pompe et ton casque te vas comme un gant. Ça peux aussi pallier progressivement à l’usure des mousses. Le second détail te permet, tout simplement, de pouvoir glisser dans ton casque tes lunettes de vue, voire tes Ray Ban façon Top Gun, sans tout tordre et te faire mal aux tempes à la longue. Que demander de plus ?

Ouf ! Je vous avais prévenus, ce n’est pas une sinécure de faire le tour d’un casque intégral, il y a juste 3500 choses à dire. J’en peux plus, je vais mettre mes doigts dans des glaçons avant d’attaquer mon test du dernier casque de HJC, le FG-ST : un casque routier à un prix abordable qui risque bien de bouleverser le marché.

Quentin ou Cigalou pour les intimes est un motard passionné qui roule en Suzuki V-Storm 1000. Sa passion lui vient de son père déjà motard. Originaire du chud, il a été prof d'histoire dans le 93 et il nous a lâché pour aller enseigner au vert en Ardèche. Il nous fait vivre son quotidien de motard sur son Blog qui est devenu au fil du temps un véritable webzine communautaire. Découvrez ses textes pleins d'humour sur Viedemotard
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